ARCBANDER
Projet de performance numérique
Auteurs et performeurs : Marc Sérazin, Erika Bournet-Delbosc
Programmation et montage électronique : Marc Sérazin
Construction : Marc Sérazin, Erika Bournet-Delbosc
Images : Erika Bournet-Delbosc
De l'altercation symbolique à l'acte performé
Arcbander, associant les technologies numériques au vivant dans un acte performé, interroge la relation entre le désir et la séduction. Prolongeant, le duel de langage , l'altercation symbolique (cf ci-après), initié par un défi lancé, les deux auteurs s'éprouvent dans l'intense instant de la confrontation.
Parce que la séduction ne s'arrête pas à la vérité des signes, mais au leurre et au secret où elle s'abîme, elle inaugure une sorte d'initiation qui n'obéit qu'a sa propre règle du jeu. Un jeu de surenchère purement formel dont-elle tire son intensité. C'est qu'elle appartient à l'ordre de l'artifice. Son domaine est le simulacre, au sens de parure, pris dans sa fonction de dissimulation et de voile. Mais un voile sous lequel il n'y a pas à chercher, non soulevable, car il ne cache rien et n'est soutenue par rien pas même le désir. Au fond de la séduction, le Rien, la philosophie d'un nihilisme, la révélation du «peu de réalité» chère au surréalisme et à Jacques Lacan ; bien plus, celle du Rien substitué à ce réel tant prisé.
Si notre monde de simulation, de déréalisation généralisé qui pratique une séduction livide s'enlise dans la production y compris la production «désirante» mise en avant par les auteurs de l'Anti-Oedipe. L'acte performé, dans une ambivalence troublante, semble entrainer, le désir concu comme manque et la séduction à la fois dans un abîme et une amplitude d'être.
De l'idée au dispositif
Projet de performance numérique
Auteurs et performeurs : Marc Sérazin, Erika Bournet-Delbosc
Programmation et montage électronique : Marc Sérazin
Construction : Marc Sérazin, Erika Bournet-Delbosc
Images : Erika Bournet-Delbosc
De l'altercation symbolique à l'acte performé
Arcbander, associant les technologies numériques au vivant dans un acte performé, interroge la relation entre le désir et la séduction. Prolongeant, le duel de langage , l'altercation symbolique (cf ci-après), initié par un défi lancé, les deux auteurs s'éprouvent dans l'intense instant de la confrontation.
Parce que la séduction ne s'arrête pas à la vérité des signes, mais au leurre et au secret où elle s'abîme, elle inaugure une sorte d'initiation qui n'obéit qu'a sa propre règle du jeu. Un jeu de surenchère purement formel dont-elle tire son intensité. C'est qu'elle appartient à l'ordre de l'artifice. Son domaine est le simulacre, au sens de parure, pris dans sa fonction de dissimulation et de voile. Mais un voile sous lequel il n'y a pas à chercher, non soulevable, car il ne cache rien et n'est soutenue par rien pas même le désir. Au fond de la séduction, le Rien, la philosophie d'un nihilisme, la révélation du «peu de réalité» chère au surréalisme et à Jacques Lacan ; bien plus, celle du Rien substitué à ce réel tant prisé.
Si notre monde de simulation, de déréalisation généralisé qui pratique une séduction livide s'enlise dans la production y compris la production «désirante» mise en avant par les auteurs de l'Anti-Oedipe. L'acte performé, dans une ambivalence troublante, semble entrainer, le désir concu comme manque et la séduction à la fois dans un abîme et une amplitude d'être.
De l'idée au dispositif
Le dispositif se présente sous la forme d'un espace rectangulaire cloisonné et sécurisé ( cf plan ). Deux des parois extérieures, recouvertes de toile de lin tendue, font respectivement face à des fusils de chasse sous-marine, armés de harpons. Les deux performeurs équipés chacun de capteurs cardiaques qui commandent le tir des fusils s'introduisent dans cet espace clos. Au dela d'un certain rythme cardiaque les armes se déclenchent. Dans ce cas, les harpons reliés aux fusils par des fils, perforent et traversent la toile pour disparaître dans un double fond. Au dessous de ce rythme seuil, ils restent dans l'arme et la toile reste intact. Avant chaque représentation public, le tissu qui aurait-été déchiré est recousu.La perforation possible des tissus équipées de capteurs sensitifs libère sous forme de flux, sur le réseau, avant sa disparition progressive, l'ensemble iconographique et textuel de l'altercation symbolique. La performance à durée variable est visible par l'éclairage intermitant de néons en fin de vie.
Du dispositif à l'acte performé
Si la séduction se trouvait quelques part ( une topique de la séduction ?), ce serait plutôt dans l'entre, entre-deux, ou plusieurs d'une multiplicité, dans l'intervalle. Elle ne se laisserait pas immobiliser dans cet espace clos et délimitable. Elle ne brillerait que part instant. Dans cet instant d'éclat intense et imprévisible d'artifice, suspendu à la confrontation, à la complexité du rapport à l'autre, aux jeux de miroir, reflets, illusions. Pris dans le flux du désir, loin de s'ouvrir sur un manque, elle laisserait entrevoir un abîme, un sans fond, un infini. A l'immobilisme d'une signification qui opposerait désir et séduction, Arcbander, substituerait alors, le sens d'un mouvement, d'un scintillement, d'un frémissement, au ras du corps, comme celui du langage, du mot.
Au bord de l'art, l' épreuve imposée et machinée à laquelle se soumettent Erika Bournet-Delbosc et Marc Sérazin, défait le binaire pour recomposer avec tout ce qui l'entoure, un univers qui vacille entre vide et enchantement. Un instant d'errement, de détournement, mais aussi, un instant magique ( de la «Montagne magique» célébrée par Thomas Mann ou de la «Flûte enchantée») où l'on peut passer du Rien au Tout de la création. Un instant d'intensité encore inconnu, inouï ou inattendu d'espace-temps. Un coup d'éclat comme un coup de fusil dans « l'obscure clarté» intermittente. Un projectile absorbé, relié à l'arme, relié au monde par ce lien fragile, subtil fil ténu, ligne potentielle filant vers le commencement.
Descriptif des techniques utilisées
Interactivité 1
L'émetteur (A) de fréquence cardiaque ( ceinture thoracique Polar T31C) porté par les performeurs envoie un signal sous forme d'onde radio au récepteur (B). Ce récepteur, carte d'interface électronique Arduino, assemblée et programmée permet d'exploiter le signal qui déclenchera l'arme.
Interactivité 2
Un capteur piézoélectrique détecte les vibrations éventuelles du tissu en lin lors de sa perforation par le harpon. Le signal émis est alors envoyé à la carte d'interface électronique Arduino wifi qui déclenche l'apparition sur le réseau (sous forme de flux) des textes et images produites en amont de la performance.
Si la séduction se trouvait quelques part ( une topique de la séduction ?), ce serait plutôt dans l'entre, entre-deux, ou plusieurs d'une multiplicité, dans l'intervalle. Elle ne se laisserait pas immobiliser dans cet espace clos et délimitable. Elle ne brillerait que part instant. Dans cet instant d'éclat intense et imprévisible d'artifice, suspendu à la confrontation, à la complexité du rapport à l'autre, aux jeux de miroir, reflets, illusions. Pris dans le flux du désir, loin de s'ouvrir sur un manque, elle laisserait entrevoir un abîme, un sans fond, un infini. A l'immobilisme d'une signification qui opposerait désir et séduction, Arcbander, substituerait alors, le sens d'un mouvement, d'un scintillement, d'un frémissement, au ras du corps, comme celui du langage, du mot.
Au bord de l'art, l' épreuve imposée et machinée à laquelle se soumettent Erika Bournet-Delbosc et Marc Sérazin, défait le binaire pour recomposer avec tout ce qui l'entoure, un univers qui vacille entre vide et enchantement. Un instant d'errement, de détournement, mais aussi, un instant magique ( de la «Montagne magique» célébrée par Thomas Mann ou de la «Flûte enchantée») où l'on peut passer du Rien au Tout de la création. Un instant d'intensité encore inconnu, inouï ou inattendu d'espace-temps. Un coup d'éclat comme un coup de fusil dans « l'obscure clarté» intermittente. Un projectile absorbé, relié à l'arme, relié au monde par ce lien fragile, subtil fil ténu, ligne potentielle filant vers le commencement.
Descriptif des techniques utilisées
Interactivité 1
L'émetteur (A) de fréquence cardiaque ( ceinture thoracique Polar T31C) porté par les performeurs envoie un signal sous forme d'onde radio au récepteur (B). Ce récepteur, carte d'interface électronique Arduino, assemblée et programmée permet d'exploiter le signal qui déclenchera l'arme.
Interactivité 2
Un capteur piézoélectrique détecte les vibrations éventuelles du tissu en lin lors de sa perforation par le harpon. Le signal émis est alors envoyé à la carte d'interface électronique Arduino wifi qui déclenche l'apparition sur le réseau (sous forme de flux) des textes et images produites en amont de la performance.
Altercation symbolique-fragments (iconographiques et textuels)
Rivage D’un lac au petit matin [...]
Acteur 1 : Ne touche pas à l’épine dorsale et j’exaucerai ton voeu
Actrice 2, travestie en femme, regarde Acteur 1 et, tout en reculant effeuille l’épine dorsale. Semant les arêtes entre
lui et elle.
Actrice 2 : Je te crois, un peu, beaucoup, ...
[...] assis à l’avant de la barque, sur la Garonne. La chaleur flamboie sur les vagues aux angles de métal. Le moteur est déchirant, et ça aussi c’est le silence. Ce fleuve lourd est une voix, percée par le chant d’inaudibles sirènes à deux queues qui se répondent dans la NUIT CHAUDE OU ATTENDENT LES LARVES DE DIPTERE
Acteur 1 : Je te crois beaucoup trop vieux tableau violant sous la lumière des néons intermittents qui t’imitent
Actrice 2 : Je ne t’entends pas, vieux ta lent sous la lu ne. My the à mi temps.
Chambre d’hôtel, deux lits simples, chaleur, fenêtre entrouverte avec rideaux flottants. Acteur 1 regarde à la fenêtre
caché par le mur puis mime le bandage d’un arc en visant dehors (plusieurs fois). Actrice 2, assise sur le lit, dos à Acteur 1, cheveux roses brillants et surmaquillée.
Acteur 1 : Je t’ai pourtant dis de ne pas revenir, reste...
Actrice 2, mime les paroles de l’homme-acteur, tout en mimant un applaudissement [...]
Actrice 2 : Tire ! [...]
Acteur 1 : Mais je tire ! N’entends-tu pas que je tire ! Tout le temps, partout même mort je tire ! Tu es criblée
et je vois à travers tes trous, ton corps reconstitué en trompe-l’oeil.
L’homme-acteur saisit une masse et tape sur la vitre de l’aquarium qui se brise. L’eau se déverse dans la pièce rejetant des poissons qui se mettent à clapoter. Actrice 2 ramasse l’un des poissons [...]
Acteur 1 : Ecrasés sous les pneus noirs qui dessinent sur notre peau le secret des chemins... Je m’enfonce,
je dégouline mécaniquement et chaque parcelle qui se détache suit la même route. Je m’enfonce dans l’anneau
de goémons. Je glisse, je dévale, la dernière autoroute, pente raide, je monte, je trébuche, sur les
cailloux, j’arrache ma peau [...]
je dégouline mécaniquement et chaque parcelle qui se détache suit la même route. Je m’enfonce dans l’anneau
de goémons. Je glisse, je dévale, la dernière autoroute, pente raide, je monte, je trébuche, sur les
cailloux, j’arrache ma peau [...]
FISSURE...
Sous les coups de massue, il n’y a plus de bandes, il n’y a plus d’arrêts, il n’y a plus de lignes, il n’y a plus
de route, il n’y a plus que de l’urgence.
Et tu coules sans cesse dans ces fêlures blanches de l’oubli où je nage à reculons...
Sous les coups de massue, il n’y a plus de bandes, il n’y a plus d’arrêts, il n’y a plus de lignes, il n’y a plus
de route, il n’y a plus que de l’urgence.
Et tu coules sans cesse dans ces fêlures blanches de l’oubli où je nage à reculons...
Sources
-Gilles Deleuze -«L'Anti-Oedipe - Capitalisme et schizophrénie», en collaboration avec Félix Guattari, Les éditions de Minuit (coll. «Critique»), Paris, 1972.
-Walter Benjamin-«L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique» -collection folio.
-Paul Ardenne-«Un art contextuel, création artistique en milieu urbain, en situation, d'intervention, de participation»-Edit. Flammarion, Champs arts, 2002.
-Baudrillard «De la séduction» Guallimard, 1979.
-Charles Fourrier-«Le Charme composé», Paris, Fata Morgana, 1976.
-Marivaux-"La Double inconstance"- Gf Flammarion.
-Rebecca Horn-Installation «High Moon», 1991; «Le baiser de la mort» 1992.
-Marina Abramovic et Ulay- Performance «Rest Energy» 1980.
-Walter Benjamin-«L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique» -collection folio.
-Paul Ardenne-«Un art contextuel, création artistique en milieu urbain, en situation, d'intervention, de participation»-Edit. Flammarion, Champs arts, 2002.
-Baudrillard «De la séduction» Guallimard, 1979.
-Charles Fourrier-«Le Charme composé», Paris, Fata Morgana, 1976.
-Marivaux-"La Double inconstance"- Gf Flammarion.
-Rebecca Horn-Installation «High Moon», 1991; «Le baiser de la mort» 1992.
-Marina Abramovic et Ulay- Performance «Rest Energy» 1980.




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